Toutes les étapes de mon projet pour devenir pilote professionnel avion au Canada...

Les petits pas pour faire d'un rêve, une réalité ! De l'accession au metier de pilote a la vie quotidienne au Canada...


mercredi 3 mars 2010

1ere semaine en tant qu'instructeur novice...

Une semaine après le test en vol d'instructeur, j'avais eu la bonne nouvelle d'apprendre que l'école m'embauchait comme instructeur. Il m'aura fallu attendre encore une semaine avant de faire mon premier vol avec un élève, un vrai de vrai, a ma gauche... ;-)

Les débuts sont lents, comme prévu. Un élève a temps plein, qques discovery flight, et une mise a niveau pour un pilote qui vient pour un mois, monter ses heures de vol au Canada... En tout, une dizaine d'heures de vol sur la semaine. Et aujourd'hui, mon deuxième élève a temps plein...

En parlant d'aujourd'hui, ce fut de loin ma journee la plus chargée : quasi 4h de vol et 2h de cours au sol, pour une présence de 11h a l'école. Un ratio de 1 pour 2... Mine de rien, ca fait des bonnes journées, bien remplies... Surtout que je n'ai pas arrêté de courir, pas le temps de manger, et a peine une pause pipi de 2 min ! A mon humble avis, je manque un peu de rodage... va falloir que j'arrive a m'organiser (pour les mauvaises langues, je suis organise... a ma manière !).
Et pour arranger le tout, j'ai du mal a m'empêcher de parler, et a couper la conversation avec l'élève (non, je ne suis pas bavard !!!). Du coup, je prends vite qques minutes de retard, ce qui laisse une terrible impression de toujours courir ! Mais je suis fier de moi, jamais plus de 20 min de retard entre chaque élève (cela a du m'arriver une fois depuis le début !) ;-))

Bon, j'avoue, la veille de mon tout premier vol, j'ai balise ! Pas du tout au niveau compétences techniques, ni sur la relation avec l'élève. Plutôt peur que le vol ne lui soit pas profitable et qu'il perde son temps et son argent... Respecter le timing, trouver un enchainement logique des exercices compare au niveau de l'élève, être capable de juger son aptitude, bref plonger dans la réalité du quotidien de l'instructeur ! Et surtout ma grosse crainte, savoir m'adapter en qques minutes si la situation n'est pas celle prévue...
Après qques jours, cela semble s'atténuer. Mes facultés d'adaptation augmente petit a petit et je gagne en aisance !

Bref, c'est le fun ! Ca bouge, on ne s'ennuie pas, on s'adapte en 4e vitesse a chaque student, on saute d'un avion a une salle de briefing toute la journee, on ne voit pas le temps passer...

J'ai découvert avec plaisir que le métier ne se limitait pas seulement a s'asseoir a cote de l'élève. Cela demande un ensemble de qualités qui vont plus loin que les capacités a piloter un avion ou a expliquer une leçon. On devient aussi commercial, diplomate, pédagogue, psychologue, confident, mentor, écrivain (un paquet de papiers a remplir !), scénariste (on image souvent une leçon avec une petite histoire), etc...

Fatiguant, exigeant, demandant bcp d'attention, d'investissement et d'implication personnelle, former les autres a sa passion, c'est décidément un métier hyper sympa pour commencer une carrière ! Et surtout, je ne suis pas oblige de porter des galons et un cravate ! ;-)

PS : au compteur, 12h de vol et 4h de cours au sol en une semaine.

jeudi 18 février 2010

1er job

Ça y est... officiellement, je suis embauche par Harv's Air pour faire de l'instruction ! Commencer a travailler dans l'école qui m'a forme, il y a pire comme situation.
Papiers et autres formalités faites... Je suis en cours de training, pour me mettre a jour sur les procédures compagnie.

Les débuts vont être plutôt calmes. Je serai un peu la roue de secours des autres instructeurs, en cas de maladie ou de vacances. J'aurai aussi peut être qques petites formations de courte durée a dispenser, genre night rating. Mais, si je démarche un student ou si un student veut voler avec moi, alors le volume d'heures risquent d'augmenter rapidement.
Au début, je couplerai surement l'instruction avec un peu de travail au sol, genre sortir et ranger les avions, les ravitailler, les nettoyer, répondre au tel, etc... Histoire de me faire connaitre et de gagner un peu d'argent (et oui, le pov' instructeur est paye a l'heure de vol. Pas de vol = pas de salaire) ...
Puis avec l'arrivée du printemps et surtout des cadets (jeunes de 17/18 ans dont la formation au brevet prive est paye par l'armée), ca devrait devenir de plus en plus soutenu.

Bref, après avoir déprimé un bon coup lorsque l'operation manager m'a annonce "pas d'opportunités pour le moment" (2 jours avant mon test en vol !), il m'aura fallu attendre une petite semaine pour que, finalement, il se décide a me donner ma chance... Pas si mal, tout compte fait !!! ;-)

Par contre, j'ai eu confirmation que c'etait passe juste, juste... A priori, je me suis faufile dans un trou de souris ! Mais l'important, c'est que j'ai une chance de montrer ce dont je suis capable !!!

Après un peu plus d'un an de formation, en partant de 0, je suis super content d'avoir trouver ce premier job qui fait tant défaut aux aspirants pilotes ! Surement une des étapes les plus difficiles du parcours... A ce moment la, on se permet un petit regard en arrière pour apprécier le chemin parcouru. Et on regarde vers l'avenir, cet horizon qui nous tend les bras... Les galères ne sont pas finies, mais ca en vaut la peine !!!

Les premières heures vont être un peu bizarres : appréhension de l'instructeur novice, joie du premier vol paye et non plus payant, responsabilités, etc... un vrai challenge, quoi !

Apres le code de la route Manitobain, le permis de conduire...

Petit retour en arrière, en octobre 2009, je me suis enfin décidé a échanger mon permis de conduire français en permis du Manitoba... Contrairement a l'Ontario ou au Québec, pas d'échange possible, il faut repasser le code et une épreuve sur route. Après avoir brillamment (!!!) réussi le code, j'avais laisse trainer un peu la procédure et le rdv pour la conduite avait finalement été fixe au 18 février 2010.

Ce matin, rdv donc a 10h au centre d'examen. J'arrive en avance, paie les frais d'émission du bout de papier, discute deux minutes avec la dame de l'accueil, super sympathique et qui parle français. Discussion de tout et de rien...

Voila l'examinateur, pas l'air commode le gaillard, avec ses rayban genre policier, ses cheveux courts et sa moustache rasée façon militaire. Bref, ca n'a pas l'air d'un rigolo... D'un coup, je me demande si me présenter sans avoir pris une heure de leçon de conduite, ce n'est pas un peu présomptueux, malgré mes qques années de permis derrière moi !

Vérification des clignotants et des feux de la voiture, installation a bord et la, malheur ! A l'occasion du test, j'avais loue une voiture, bcp plus petite que la mienne, plus maniable et surtout sans pb mécanique. Mais, l'agence de loc' n'a pas mis les originaux des papiers a l'intérieur, seulement une photocopie. Et le monsieur qui est sensé m'examiner, lui, veut les originaux... Oblige d'annuler le test, je m'en veux de ne pas avoir vérifier ce détail. Et chose encore plus grave, mon permis de conduire français a été conserve dans mon dossier pour l'échange et je me retrouve avec simplement un permis provisoire d'apprenti, le genre qui m'oblige a être accompagne d'un adulte pour conduire !!! Retour a mes 16 ans et a la période de conduite accompagnée !!! Bof, bof...

Je rentre quand même chez moi, seul au volant (je suis un rebelle !). Un pote passe a la maison et m'apprend que depuis début décembre 2009, la France et le Manitoba ont un accord d'échange et que je n'ai pas a passer de test de conduite !! La brave dame de l'administration n'était simplement pas au courant... Reconduite seul a bord, direction les bureaux du permis de conduire. Et la, après maintes excuses et le remboursement des frais de test, j'ai le plaisir de me voir remettre un permis de conduire complet du Manitoba !

Bilan de la journée, un nouveau permis et l'essai d'une honda civic dernier modèle pour 40 dollars ! ;-)

mardi 9 février 2010

le test en vol pour l'instructor rating

Lundi 8 février, conditions idéales pour un test en vol.
L'avion m'attend sagement dehors, le vol d'aujourd'hui devrait être court, 1h15 / 1h20 max.
Après le traditionnel briefing avant vol de "l'élève", nous voici parti pour un vol particulier...

Les exercices que je vais devoir effectuer sont connus et attendus. Que du classique. Le testeur ne devrait pas avoir trop de mal a juger mon niveau de pilotage. Par contre, je serai également juger sur mon aptitude a enseigner. Pour cela, explication du slow flight. Pas méchant, faudra juste que je m'applique...

Ce vol devrait s'annoncer plutôt facile, excellentes conditions météo, vol court, exercices pas compliques, etc... Ben non, moi, faut que je galère ! Sinon, c'est pas drôle ! Un vol comme ca, ca devrait passer comme une lettre a la poste. Sauf que moi, j'aime bien me mettre la pression et garder le suspens jusqu'à la fin !!! ;-)

A un vol moyen (mais dans les standards), ajoutez un trafic soutenu lors de mon retour sur l'aérodrome, qui nous empêche de faire correctement les exercices envisages par le testeur, plus un élève solo qui me coupe la finale en venant s'intercaler entre l'avion numéro 1 et moi-même, et vous obtenez un examinateur un peu ronchon lors du debriefing...

Mais bon, au final, il a été gentil, puisqu'il a signe le petit bout de papier qui fait officiellement de moi un instructeur !
Bizarrement, je n'ai pas senti de joie immense. C'est bizarre a expliquer, surtout après les galères rencontrées pour réussir ce test. Disons que ce bout de papier me permet simplement de commencer la vraie aventure : trouver mon 1er job...

Suite des peripeties

Résumé des épisodes précédents : après avoir commence la partie sol du test instructeur le mercredi 27 janvier, je n'avais pas pu partir en vol. Divers retards m'avaient amené a réserver le vol pour la semaine suivante.

Donc, ce fameux test en vol pour l'instructor rating devait finalement avoir lieu mardi 2 février ...
Remarquez, j'ai bien écrit "devait"... car oui, encore une fois, le test a été annule. Raison : mauvaise météo, plafond bas et visi réduite. Les prévisions n'étaient pas optimistes, et elles ne se sont pas trompées, pour une fois. Donc on annule le déplacement de l'examinateur(1h de route). Et en fin d'après midi, évidemment, le ciel se dégage, on passe a un superbe CAVOK !!! Grrr... maudite météo !
Test repousse a vendredi, pour être finalement avance a jeudi ( Le 4 février. Et oui, faut suivre, hein !)

Nous voici donc jeudi, cette fois l'examinateur se déplace, mais rebelote, même scenario ! Météo pourrie et amélioration en soirée... La, ca y est, je décide de croire la version officieuse qui circule a l'école : qqu'un m'a lance un sort et veut me faire payer une mauvaise action passée !!! Et moi, en attendant, j'ai les nerfs qui jouent au yoyo...

Bilan, la partie vol du test aura lieu le lundi 8 février, soit 15 jours après le début officiel du test !!!
Et ce coup-ci, météo parfaite, ciel limpide, visi illimitée, testeur dispo et avion prêt au décollage. Enfin. Maintenant, a moi de jouer...

dimanche 31 janvier 2010

Depuis mon retour...

Que s'est il passe depuis mon retour sur le sol canadien, début janvier ?

Tout d'abord, le retour pour les fêtes en France, voir la famille et les ami, tout cela a fait un bien fou sur mon état d'esprit... Je suis donc arrive impatient de représenter mon test d'instructeur.

J'ai d'ailleurs très vite repris les vols, et notamment avec le big boss de l'école, celui la même qui m'a refuse l'examen (parce qu'en plus d'être le big boss, il est aussi agréé pour faire passer les tests...). Bref, il a voulu s'impliquer un peu dans mon training, et cela nous a amené a un super vol de prêt de 2h, ou j'ai encore appris énormément ! Par contre, pas question pour lui de faire mon nouveau test, question de déontologie (sic!).
Pas grave, on téléphone a Transport Canada, l'administration de tutelle, pour qu'elle nomme un autre testeur. Seul hic, pas de disponibilité avant le 27 janvier... Il me faudra donc patienter une bonne quinzaine de jours, jusqu'au mercredi 27, donc.
Pendant ce temps, j'ai peu vole, la météo n'étant pas excellente. Je me suis quand même rafraichit un peu les méninges et préparer doucement a ce nouveau test. Mon état d'esprit est meilleur, et je me sens un peu plus prêt qu'avant les fêtes de noël.

Le jour J arrive, mon testeur n'est ni plus ni moins que le responsable de tous les testeurs du Manitoba... Encore un grand chef, avec énormément d'expérience...
On attaque la partie sol de l'examen. Discussion, questions diverses et variées, le monsieur couvre tous les aspects du sujet. Par contre, cela se fait dans une ambiance hyper détendue, bcp plus agréable que mes précédents tests. Mike ne cherche pas a me piéger, simplement a juger que je suis en accord avec les directives officielles de l'administration. En gros, que je suis le syllabus de formation en vigueur au Canada, et que j'applique la méthode officielle. Le tout sur le mode de la discussion, avec un échange permanent.
On passe ensuite a la présentation d'une leçon, ou le testeur va jouer l'étudiant. Il me demande de lui "enseigner" le "slow flight", une de ses leçons préférées, a ce qu'il parait... Encore une fois, cela se passe a merveille, il est satisfait de ma leçon, bonne interaction avec l'élève, bonne utilisation des supports visuels, bref ca baigne.
On va partir en vol, chouette ! Malheureusement, dame météo en a décidé autrement : vent plein travers, bcp trop fort pour partir avec un élève. D'ailleurs, l'école a fait rentrer tout le monde et les avions sont dans le hangar. Ça ne volera pas cet après midi. Grrrr !

Nouveau plan d'action : le lendemain, jeudi, Mike ne sera pas dispo pour terminer le test, mais il enverra un de ses collaborateurs. Ça se passera super bien, me rassure-t-il... Sauf que le jeudi, le nouvel examinateur est tombe malade et n'a pas pu venir !!! Et devinez quoi ? La météo était parfaite ! Un ciel limpide, pas de vent, une visi illimitée, bref un temps de cure !!!

Bilan, le test en vol a été repousse a mardi... Nous sommes dimanche, la météo tient bon depuis jeudi et moi, je croise les doigts pour que cela continue !

Décidément, il est dit que cette qualification instructeur ne se fera que dans la douleur !!! ;-)))
Mais je vous promet d'en apprécier toutes les joies, une fois que je l'aurais décrochée...

lundi 11 janvier 2010

Encore une traversee epique de l'atlantique (ep2)

Londres, embarquement sur le long courrier pour le Canada... J'ai réussi a arriver a l'heure depuis Lyon, malgre le mauvais temps qui règne en France.
Avion repousse, je commence a croire en ma bonne étoile. Je vais finalement réussir a regagner le Canada sans difficultés. Et la, c'est le drame ! 3h a attendre, sur un parking excentre de l'aeroport, que le service de degivrage s'occupe de notre avion. A priori, on n'est pas les seuls a demander a ce que la neige et la glace soient enlevées des ailes de notre gros porteur... Bilan, malgre les superbes conditions meteo au dessus de Londres (contrairement a ce qui était attendu...), et un vol relativement cours, ca va etre très, très juste d'attraper le vol Montréal- Winnipeg !

Atterrissage 6h30 plus tard a Montréal. Il est 20h15 (au lieu de 16h30 prévu a l'origine), mon prochain départ a lieu a 21h10 ! Ca va faire serre, d'autant qu'il y a l'immigration et les douanes a passer, les bagages a récupérer et a enregistrer a nouveau. Je cours comme un malade et j'arrive a 20h55 au comptoir d'enregistrement Air Canada. Pas file d'attente interminable. Encore 15 min avant le decollage, je suis le seul client, les differents controles de securite ne prendront pas de temps, bref, j'ai réussi !!! Je vais pouvoir arriver chez moi comme prévu ! J'y crois, jusqu'a ce qu'une brave dame m'annonce qu'il est trop tard, plus d'enregistrement possible...
Dépité, je me dirige vers la billetterie pour changer mon vol et prendre le suivant, demain. Je préviens la personne qui devait m'attendre a l'aéroport et me dirige vers l'hôtel, las de cette alternance d'espoirs et de retards. Je ne suis pas contre une bonne nuit de sommeil !

Demain, je rejoindrais tranquillement Winnipeg la froide.
Décidément, l'aviation c'est bien, mais pas en tant que passager !

dimanche 10 janvier 2010

Encore une traversee epique de l'atlantique (ep1)

Jeudi 7 janvier 2010 : depuis qques jours, l'Angleterre connait un épisode hivernal inhabituel, avec de très fortes chutes de neige. Voici la photo qui a fait fureur ces derniers temps :



De l'autre cote de la Manche, Météo France a place plusieurs départements en alerte orange, Vendredi 8 janvier. 30cm de neige sont attendus dans la vallée du Rhône. La préfecture du Rhône a interdit les transports scolaires entre vendredi et samedi, ainsi que la circulation des poids lourds. Bref, un évènement hivernal exceptionnel va également se produire en Rhône-Alpes ces jours-ci... Tout cela tombe merveilleusement bien (sic !) car j'embarque a Lyon vendredi a 11h, destination Montréal. Avec une escale a Londres, of course ! ;-)

Départ très tôt pour l'aéroport, les conditions de circulation sont annoncées extrêmement difficiles. Arrive sain et sauf, je croise de nombreuses personnes dont les vols pour Londres ont été annules depuis 2-3 jours. Des rumeurs circulent, le Montréal du matin a lui aussi été annule, etc, etc...
Heureusement, j'embarque normalement, a l'heure prévue. Mais les conditions météo se dégradent a vue d'œil, la visibilité devient quasi nulle et la neige tombe a gros flocons. Prêt a partir, la ceinture bouclée dans l'A320, je suis confiant. Jusqu'à ce que la tour décide de fermer la piste pour cause de déneigement en cours. Bilan, 2h30 de retard et la tension qui monte. On finit par partir, le vol sera court et je devrais arriver encore avec une heure d'avance a Londres, largement de quoi attraper le vol pour Montréal (merci les escales interminables, qui parfois peuvent sauver la mise !). En résumé, presque relax le Greg !

Presque, car je ne sais toujours pas si les vols ont repris ou non a partir de Londres. Quel temps fait-il sur la capitale anglaise ? Est ce que mon avion décollera ou devrais-je passer la nuit sur le bord de la tamise ? Suspens...